Les roças
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"Les anciennes roças, aujourd’hui abandonnées ou en transformation, témoignent des vies qui y ont été vécues, des luttes quotidiennes des travailleurs et des espoirs d’un avenir meilleur."
José Carlos Costa, historien local et auteur, dans ses écrits sur l’évolution des plantations dans l’île
Les roças
Le terme roça dérive du portugais roçar (défricher). Au cours des XVIe et XVIIe siècles il désigne à São Tomé et Príncipe de petites plantations destinées aux cultures de subsistance. Mais dès le milieu du XIXe siècle l’organisation du territoire est modifiée et les roças sont alors des structures agraires où sont cultivés le café et le cacao (Monte Café, l’une des plus anciennes, date de 1858).
En fonction de leur implantation et des caractéristiques de leur production, les roças sont plus ou moins étendues.
Maison principale, habitations des travailleurs, entrepôts, serres et séchoirs sont les structures que l’on retrouve dans toutes les roças.
Dans les plus importantes il y a aussi un hôpital, une école, une église, des ateliers, une cuisine communautaire et des moyens de transport.
La dégradation des roças
Les conditions de travail dans les roças sont particulièrement pénibles et l’abolition de l’esclavage en 1875 n’apporte pas vraiment d’amélioration.
Les tensions qui en résultent provoquent des révoltes violemment réprimées qui conduisent à la naissance du nationalisme santoméen et à la création du mouvement de libération de l’archipel.
Après l’indépendance en 1975, les roças sont nationalisées. Mais la faiblesse des ressources humaines et la chute des cours du cacao provoquent l’abandon d’un certain nombre d’entre elles. La réforme foncière avec le découpage des grandes roças et la redistribution des terres aux petits planteurs à la fin des années 90 ne permettent pas d’enrayer ce déclin.
À l’heure actuelle, à quelques exceptions près, les roças sont pour la plupart abandonnées et les bâtiments se dégradent. Or, elles constituent une richesse unique et un élément majeur de l’histoire, de l’identité et de la culture santoméennes qu’il est essentiel de préserver et réhabiliter.
L’exubérance de la végétation équatoriale accélère la dégradation des bâtiments (Roça Java en 2025)